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Comprendre le sikhisme avec des sikhs du Grand Montréal- 2ème partie-

Dernière mise à jour : 18 mars

Relire avec des sikhs des articles de Radio

Canada et CBC News sur des sikhs


David Brême

docteur en sciences des religions, chercheur indépendant, co-rédacteur en chef de la Revue Ouvertures, responsable académique du Collaboratoire (coopérative de recherche en sciences sociales basée à Montréal)


Depuis la nomination de Jagmeet Singh à la tête du NPD1, le voyage du premier ministre Justin Trudeau en Inde en 2017 et les dernières élections fédérales de 2019, il a souvent été question des sikhs dans les médias sur le plan vestimentaire notamment, sans que la parole leur soit fréquemment donnée. Aussi, je propose au lecteur une réflexion critique sur la construction médiatique des représentations collectives de cette religion connue, mais méconnue, en rencontrant des sikhs de Montréal, en leur donnant la parole et en analysant avec eux ces représentations.


Mon objectif de donner davantage la parole médiatique à des sikhs de Montréal sur leur propre tradition s’est d’abord concrétisé par la publication dans le journal en ligne Embargo d’un entretien avec quatre jeunes femmes sikhes ayant étudié le français au Québec2 sous le titre « Que sait-on des sikhs au Québec ? »3


Considérant le besoin d’informer les francophones et les Québécois en particulier au sujet des sikhs et du sikhisme, la présente seconde partie de cette recherche comprend l’objectif suivant : Déconstruire quelques clichés journalistiques canadiens sur les sikhs en m’appuyant une nouvelle fois sur la littérature savante et sur ce qu’en disent des sikhs du Grand Montréal. J’ai à cette fin sollicité la parole d’autres sikhs4 lors d’entretiens effectués en septembre 2019 au Gurdwara Nânak Dakbar de LaSalle.


2) Relire des articles de Radio Canada et CBC sur des sikhs avec des sikhs
2.1) Méthodologie de relecture

Afin d’étudier certains discours produits par Radio-Canada et CBC News5 sur les sikhs, une sélection d’articles a été faite sur la période allant du 10 aout 2017 au 7 septembre 2019, en recherchant ceux répertoriés sous le mot clé « sikh » Ainsi, 43 articles, dont 29 en français et 14 en anglais, ont été choisis. Le plus grand nombre d’articles en français tient d’une part au fait que la page Web de Radio-Canada est mieux organisée pour pouvoir rechercher les articles du plus récent au plus ancien, et d’autre part au fait qu’il y a plus de lecteurs francophones qu’anglophones susceptibles de lire cet article en français. En fonction de cette sélection, sept catégories thématiques ont été dégagées. Comment ai-je méthodologiquement choisi ces catégories ? En fonction de la première sélection des articles, douze catégories thématiques ont été initialement dégagées, par ordre décroissant de nombre d’articles par catégorie :


1. Justin Trudeau et les sikhs

2. Jagmeet Singh et la politique du NPD

3. Le port du turban

4. Les célébrations sikhes et les commémorations sikhes

5. Les lois du Québec et les sikhs

6. Le kirpan

7. La dénonciation du racisme

8. L’indépendance

9. Le terrorisme et l’extrémisme sikh

10. Les femmes et le sikhisme

11. Les réfugiés sikhs

12. Les fausses croyances sur les sikhs.


J’ai ensuite sollicité, avec le soutien d’une collaboratrice, des entretiens auprès de trois jeunes sikhs au Gurudwara Nânak Dakbar de la ville de LaSalle pour savoir leur opinion sur la représentation des médias canadiens sur eux, spécialement sur Radio-Canada et CBC News en fonction de ma sélection d’articles, en leur ayant signifié que leurs propos serviraient au présent article. Ces trois jeunes hommes parlant le français et ayant suivi une scolarité québécoise m’avaient été introduits par la direction du temple, en fonction des sikhs francophones disponibles lors de ma venue (comme cela avait aussi été le cas pour l’entretien des jeunes femmes sikhes du 20 janvier 2019).


Je leur ai d’abord demandé comment, selon eux, le sikhisme est représenté dans les médias, puis de choisir spécifiquement parmi les douze catégories précédemment énoncées, les quatre catégories qui leur semblaient les plus pertinentes dans les médias pour représenter le sikhisme, et les quatre catégories qu’il leur semblait au contraire les moins pertinentes dans cette optique. Cette méthodologie avait principalement pour but de davantage faire entendre les sikhs eux-mêmes sur leur religion et de mieux faire apparaître les écarts de discours existants entre ceux des sikhs et ceux de la presse. Tenant compte de ces entretiens, de la nécessité de concision didactique propre à un article et du recoupement de beaucoup des catégories initiales, j’ai décidé de les réduire à sept. Par exemple, la catégorie indépendance a été ajoutée deux fois dans les thématiques une et trois, car un répondant a mis l’indépendance politique comme ce qui représente mieux le sikhisme et que les articles où étaient citées les occurrences d’indépendance se différenciaient fortement selon la ligne politique libérale ou NPD. La connaissance des vœux de la khâlsâ enjoint à réunir les

thèmes du turban et du kirpan.


Les sept catégories finales sont ainsi, par ordre décroissant de nombre d’articles les concernant :


1. Les attributs sikhs de la khâlsâ (12) dont le turban (7) et le kirpan (3)

2. Justin Trudeau, les sikhs, l’extrémisme sikh et l’indépendance (9)

3. Jagmeet Singh leadeur du NPD, les sikhs et l’indépendance (8)

4. Les célébrations, commémoration et réfugiés sikhs (5)

5. Les lois du Québec et les sikhs (4)

6. La dénonciation du racisme et du sexisme (4)

7. Les fausses croyances sur les sikhs (1)


Les six premières catégories ont servi de canevas à une première analyse, que les discours des répondants sikhs recueillis en entretien ont permis de développer et la 7ème catégorie, qui ne comprend qu’un seul article, servira de support à une réflexion critique décoloniale7 dans une troisième partie de synthèse, étant donné que cet article instigue ce rapport critique.


1.2 Les attributs sikhs de la khâlsâ dont le turban et le kirpan

La première catégorie en nombre d’articles sur les sikhs est en lien aux signes religieux distinctifs qui en caractérisent certains. Ainsi, des médias, dont Radio- Canada, ont mis l’emphase sur le port du turban et du kirpan à différentes occasions : lorsque le port du turban donne droit à une dérogation du port du casque à moto pour les Provinces de l’Alberta, de Colombie-Britannique et du Manitoba (Radio-Canada, 23.2.2018) ; lorsque des sikhs demandent que le kirpan puisse être emporté sur soi en avion (Radio-Canada, 25.10.2018) ou dans une école (Radio-Canada, 1.3.2019) ; ou enfin, lorsque le turban est utilisé de façon plus politique par son design spécifique ou sa couleur par le chef du NPD Jagmeet Singh (Radio-Canada, 10.8.2017) ou par ses opposants dénonçant des « signes religieux ostentatoires » (Radio-Canada, 16.9.2017) incompatibles avec l’autorité politique.


Il est remarquable que l’ordre de la khâlsâ qui détermine le port du turban et du kirpan ne soit ni contextualisé ni nommé à une exception près dans l’échantillon (CBC News, 19.5.2019). Parmi les neuf articles se penchant sur l’apparence vestimentaire du turban ou sur le couteau rituel dénommé kirpan, pas un n’explique en effet ce que symbolisent ces objets ni les engagements auxquels ils sont reliés.


En outre, des contre-vérités sont énoncées par des journalistes au sujet de ces attributs visibles. Ainsi, il est écrit dans un article8 : « comme tous les croyants qui pratiquent cette foi, [un enfant de 12 ans] est obligé de toujours porter un kirpan » (Radio-Canada, 1.3. 2019), alors que seuls les sikhs engagés dans la khâlsâ ont cette obligation. La pratique journalistique qui consiste à se focaliser sur les attributs visibles d’une minorité visible sans les contextualiser ne serait-elle pas de nature à amplifier le « vide abyssal » de connaissance sur le sikhisme dont parlait Hugo Lavoie9 sur ce même média et à créer dans l’imaginaire collectif un bouc émissaire facile ?


La seule contextualisation symbolique qui a été faite dans un des neuf articles évoquant le turban ou le kirpan est celle de Harjinder Singh Kandola de la société culturelle sikhe de Windsor. Selon lui, le turban est un « des plus importants actes de fidélité dans notre religion. Ça représente la grâce, la souveraineté, l’honneur et l’égalité de tout le monde » (Radio-Canada, 11.5.2018). Toutes les autres discussions au sujet du turban ou du kirpan relèvent d’un problème juridique (droit de porter un casque moto ou non avec un turban, droit de porter un kirpan à l’école ou à l’Assemblée nationale) et conduisent donc à exacerber des points de conflits potentiels et la judiciarisation des conflits qui s’ensuivent.


1.3 )Justin Trudeau, les sikhs, l’extrémisme sikh et l’indépendance

La deuxième catégorie en nombre d’articles diffusés sur Radio-Canada du 10 octobre 2017 au 7 septembre 2019 concerne Justin Trudeau et les sikhs, reflétant que la thématique médiatique principale au sujet des sikhs n’est pas les sikhs eux- mêmes, mais leur relation au politique, à la politique de Justin Trudeau en l’occurrence. Il est à rappeler que le voyage en Inde du premier ministre en février 2017 avait défrayé la chronique et avait impliqué maints événements en relation avec les sikhs : venue du premier ministre avec ses ministres sikhs en Inde, visite du temple d’Amritsar en famille, rencontre (tendue) avec le chef d’État provincial du Pendjab indien sikh et surtout, l’incident diplomatique de l’invitation d’un sikh canadien catalogué terroriste. Ceci explique, notamment pour la période allant de février à mai 2018, l’abondance d’articles reliant Justin Trudeau et les sikhs, d’autant plus que ce fut l’occasion pour la presse canadienne en général de critiquer vertement le chef d’État et sa politique étrangère, quoique Radio-Canada ne fût probablement pas le média le plus véhément à cet égard. Ainsi, sur les dix articles de cette catégorie, six ont été publiés entre le 21 février et le 12 mai 2018, et traitaient directement du voyage en Inde de Justin Trudeau qualifié de chaotique en anglais (CBC, 24.2.2018) dans un des titres de ces articles.


  • Justin Trudeau et l’extrémisme sikh


Sur ces six articles, cinq se focalisent sur la controverse de Jaspal Atwal, un sikh accusé du meurtre d’un ministre sikh du Pendjab, qui avait été invité par erreur à une réception officielle en Inde, invitation annulée par ailleurs « aussitôt que le cabinet du premier ministre Trudeau a été mis au fait de la situation par CBC » (Radio-Canada, 23.2.2018). CBC News s’est ainsi directement impliquée en se présentant elle-même comme (meilleure) garante de la sécurité nationale que le cabinet du premier ministre. Quant au sixième article, il se focalise sur la rencontre de Justin Trudeau et de son ministre de la défense sikh Harjit Singh Sajjan avec le ministre en chef du Pendjab, Amarinder Singh, également sikh et soucieux « que de l’argent ait été envoyé du Canada à des extrémistes sikhs » (Radio-Canada, 21.2.2018). Autrement dit, tous les articles de cette période impliquant Trudeau et les sikhs associent bon gré, mal gré, ces derniers à uneforme d’extrémisme.


Or, il est connu de spécialistes de la radicalisation terroriste que ce phénomène est en partie indirectement créé par les projections médiatiques des pays qui le subissent, ce qui résulte parfois en l’apparition de terroristes home made10. Une des causes en est la méconnaissance théorique et pratique des traditions religieuses par les croyants comme les non-croyants.


  • Le thème de l’indépendance


Hormis cette association journalistique surdéterminée du sikhisme et de l’extrémisme, je souligne également au sein de ces articles de Radio-Canada une association entre le thème de l’indépendance et la religion sikhe. Le chef du Pendjab « avait publiquement accusé [Harjit Sajjan] d’être un nationaliste sikh » (Radio Canada, 21.2.2018), et ce, avant leur rencontre qui avait notamment pour but d’apaiser ces tensions. Je reviendrai plus amplement sur le thème de l’indépendance associée aux sikhs et à l’extrémisme dans la section suivante.


  • Début d’analyse critique des médias au sujet du voyage de Trudeau en Inde


La densité médiatique de cette période de février à mai 2018 au sujet de Trudeau et des sikhs est telle qu’un article ne suffirait pas à en rendre compte. Il y aurait lieu de faire une analyse politique approfondie des raisons pour lesquelles la presse canadienne s’est unanimement scandalisée des costumes couleur locale et des photos du premier ministre canadien en Inde, de sa mauvaise réception initiale en Inde ou de cet incident diplomatique montrant en photo l’épouse du premier ministre avec cet ancien extrémiste sikh. Le premier ministre indien recevait son homologue iranien lors de l’arrivée de Trudeau en Inde et il se peut que du point de vue de l’État indien, le Canada ait été secondaire par rapport à ses relations à l’Iran, qui est son voisin immédiat. Il y aurait lieu de se demander pourquoi ce « ciblage » médiatique sikh/Trudeau tandis que le NPD avait un chef sikh. Il y aurait lieu de comparer la réception de la presse canadienne à la réception de la presse indienne et des Indiens eux-mêmes, afin de montrer les effets de grossissement existants d’une presse vis-à-vis de l’autre. Toutefois, ces recherches dépassent les objectifs de cet article.


  •  Le regard critique d’un répondant sur Justin Trudeau


Un seul des répondants a porté un regard original sur la relation de Justin Trudeau aux sikhs, en qualifiant étonnamment celle-ci de favoritisme à l’égard de la communauté sikhe et en préconisant que les responsables politiques développent plus d’impartialité en relation aux différentes communautés et ethnies :


Oui, je crois que certaines personnes amènent leur religion en jeu quand il s’agit de certains sujets et que cela pourrait devenir très subjectif que certaines vues sur les choses. Par exemple, Trudeau n’est pas un sikh, mais vous pourriez penser qu’il a un certain favoritisme pour les sikhs, c’est vrai, n’est-ce pas ? Si vous regardez cela, je ne sais pas pourquoi il est si amical avec les sikhs… parce qu’il sait que les votes viennent de là aussi, c’est juste ?


Donc c’est du favoritisme qui peut arriver avec des gens d’une certaine ethnicité, s’il était Polonais, il pourrait avoir aidé tout son monde polonais ou il aurait pu aider… mais il le fait, mais je pense que c’est encore subjectif, en tant qu’homme d’État, il doit aider les sikhs bien sûr, mais il doit s’assurer que tout le monde se sent également favoriser qu’un certain groupe. N’est-il pas vrai ? Ce serait comme revenir au royaume du Maharajah Ranjît Singh il y a seulement 150 ans, l’impact qu’il eut dans le pays en termes d’agriculture, de développement et tout était si grand. Et la raison de cela, c’est qu’ils ont pris en compte toutes les différentes ethnies et se sont assuré que chaque ethnie se développait en même temps.11


Ce point de vue donne un exemple remarquable de ce que Homi K. Bhabha (2006, 26) théorisait comme un tiers-espace qui « vient perturber les histoires qui le constituent et établit de nouvelles structures d’autorité, de nouvelles initiatives politiques qui échappent au sens commun ». En effet, ce répondant sikh prend doublement le contre-pied du sens commun. D’une part, il dénonce le favoritisme subjectif de Justin Trudeau vis-à-vis de sa communauté au nom de l’impartialité garantissant une bonne gouvernance. D’autre part, il prend pour exemple de cette impartialité étatique le règne du Maharajah Ranjît Singh, lequel a eu la réputation d’avoir développé un empire sikh séculier (Duggal K. Singh, 1989), ce qui semble à l’antithèse d’un paradigme séculier laïque et vient donc ouvrir l’espace de la réflexion sur ce qui est entendu par séculier.


Je reviendrai sur cet autre débat dans la thématique sur les lois de Québec (2.5), mais je retiens seulement pour l’instant l’effet de surprise propice à la réflexion, qu’ouvre le fait de penser des paradigmes communs à la majorité (l’impartialité de la gouvernance, soit le sécularisme comme neutralité de l’État vis-à-vis des religions et des ethnies) à partir de référents sociaux, culturels et religieux méconnus.


2.4 Jagmeet Singh leadeur du NPD, les sikhs et l’indépendance

L’autre médiatisation politique importante du sikhisme au Canada provient de Jagmeet Singh, devenu candidat aux élections fédérales, suite à sa victoire à la tête du NPD. Neuf articles mentionnent Jagmeet Singh.


  • Évoquer la religion sikhe par le turban sans rien en dire


L’appartenance au sikhisme de Jagmeet Singh a été rappelée dans nombre de ces articles, mais rien n’a été dit du sikhisme pour autant. Or, c’est une religion moins connue que les trois monothéismes issus de la descendance d’Abraham (judaïsme, christianisme et Islam) ou que les bouddhismes, les hindouismes et les religions autochtones amérindiennes. De plus, il n’était ni dans l’intérêt politique de Jagmeet Singh ni dans sa fonction de candidat du NPD aux élections fédérales d’expliquer ce qu’est le sikhisme, sous peine d’apparaître plus prosélyte que son turban le laissait déjà à penser pour certains. Les quelques éléments référant au sikhisme dans ces articles sont d’ailleurs principalement le turban (“Singh is a Sikh and wears a turban” Sheena Goodyear, CBC News, 2019) puisque Jagmeet Singh en porte un sans en situer le sens, comme déjà mentionné. Il est toutefois à souligner que nombre d’hindous et de musulmans portent également le turban, ce qui n’en fait pas un signe religieux ostentatoire, ou en tout cas pas exclusif ausikhisme.


  • Le thème de l’indépendance


Un autre sujet qui n’est pas toujours perçu comme « politiquement correct » et que le sikhisme permet d’aborder sur sa marge est celui de l’indépendance. Trois articles sont en effet consacrés au thème de Jagmeet Singh et de l’indépendance, dont deux sont en anglais. Celui en français est un entretien avec Frédéric Castel, un des rares universitaires québécois ayant publié dans des journaux sur les sikhs du Québec (Castel, 2007). Le contraste entre son article en français et les deux articles en anglais, une brève et un article pour être précis, est d’ailleurs saisissant. Autant Frédéric Castel cherche à nuancer et temporiser l’association médiatique entre l’extrémisme et la mouvance militante sikhe aspirant à un Pendjab indépendant de l’Inde suite à la présence de Jagmeet Singh à un rassemblement en faveur de l’indépendance du peuple sikh, autant les articles en anglais cherchent à exacerber cette triple association (indépendance/violence/Jagmeet Singh). La brève de trois lignes de CBC News utilise à cette fin la figure de style de l’antithèse, qui confine en ce cas à l’oxymore, tellement s’opposent drastiquement political violence et understanding and inclusion, ainsi que separatist events et healing and reconciliation :


Jagmeet Singh says he attends Sikh separatist events to promote “healing and reconciliation”. The NDP leader admits to sharing platforms with those who advocate political violence, but says it was always about promoting understanding and inclusion.


Jagmeet Singh semble ainsi catalyser sur lui, du côté anglophone, un défoulement médiatique accusant le chef du NPD de violence séparatiste, tandis qu’au Québec, Frédéric Castel cherche à relativiser cette association au sikhisme en pointant que c’est parce que la volonté d’indépendance (du Pendjab) n’est pas politiquement correcte à communiquer que la situation est difficile à gérer.


  • Le regard des répondants sur Jagmeet Singh


Quant aux répondants sikhs de Montréal, lorsque je leur avais demandé quelles étaient les quatre catégories les plus pertinentes représentant les sikhs dans les médias parmi celles que je leur avais indiquées et deux m’ont répondu ceci :


- La plus pertinente je dirais que c’est Jagmeet Singh, s’il devient premier ministre c’est comme très surprenant, car il serait le premier ministre qui serait sikh et puis aussi ce que je trouve pertinent, c’est qu’on est en train de batailler contre le racisme, ça, c’est très bien, puis troisièmement, je dirais que Jagmeet Singh est en train de combattre pour la nature, contre la pollution.


- Moi je dirais que la célébration du sikhisme et commémoration, ça, c’est très pertinent, aussi Jagmeet Singh avec le NPD, ça aussi c’est très pertinent.


Il y a ici à prendre en compte que les élections fédérales battaient leur plein à ce moment-là, marquées par l’omniprésence médiatique des principaux candidats, dont faisait partie Jagmeet Singh. Je souligne aussi l’importance des arguments politiques dans les motivations de ces deux jeunes sikhs dont celui écologique et antiraciste.


2.5 Les célébrations, commémorations et réfugiés sikhs

Concernant les réfugiés sikhs, les commémorations et les célébrations sikhes, indiquées en premier rang d’importance par un des deux jeunes précédemment cités, il serait légitime d’en apprendre un peu plus par le professionnalisme journalistique sur cette tradition sikhe jusqu’ici évoquée, mais ignorée.


  • L’exception d’un article présentant une célébration sikhe


En effet, un article de Bartley Kives au Manitoba mentionne le « Nagar Kirtan, a Sikh cultural and religious celebration » (CBC News, Kives, 1.9.2019) en tant que procession qui suit le Guru Grant Sahib, le livre saint des sikhs et qui inclut de la musique religieuse et séculière, en s’achevant par des offrandes de nourriture gratuite aux participants et aux observateurs. Ces éléments mentionnés (le livre, la musique et le don de nourriture à tout un chacun) sont des pratiques fondamentales du sikhisme, puisque le Guru Grant Sahib est sacralisé dans chacun des temples sikhs, que ses paroles sont mises en musique et chantées, et que le don de nourriture renvoie à la pratique du lagar pratiqué dans chaque temple. L’objet principal de l’article était le prix des assurances auto qu’un leadeur local du NPD avait promis de baisser et de la position officielle du NPD à ce sujet, mais ce journaliste, tout en étant distancié et parfois ironique, a été un des rares à donner quelques éléments d’information contextuels sur le sikhisme.


Les autres articles au sujet des célébrations et des commémorations sikhes, souvent assez brefs, se répartissent entre deux consacrés à la mémoire de soldats sikhs du Canada, un à l’histoire documentaire du premier établissement de cette communauté dans les années 1900 en Alberta et le dernier à un défilé sikh religieux et inclusif à Regina de mai 2019. Quoique la contribution historique des sikhs, notamment militaire, soit soulignée dans ces articles et que leur « célébration religieuse » (Radio-Canada, 18.5.2019) soit indiquée comme accueillant « les gens issus de toutes les communautés » (Radio-Canada, 18.5.2019), aucun autre élément d’information sur le sikhisme n’y transparaît pour autant.


  • Un article sur les réfugiés


Concernant le seul article portant sur les réfugiés, il évoque deux familles de réfugiés sikhs originaires d’Afghanistan et persécutés par les talibans, sans informer non plus davantage sur le sikhisme. Il indique tout de même l’existence d’un mouvement de solidarité existant au sein de la communauté sikhe à l’égard des réfugiés. Ce n’est pas négligeable, lorsqu’on sait que la plus grande vague d’immigration sikhe est venue au Canada après les massacres subis en 1984 en Inde (Normand, 2017, 42-45) suite à l’assassinat d’Indira Gandhi par ses gardes du corps sikhs, laquelle avait elle-même envoyé des chars d’assaut un jour de grand pèlerinage sur le Temple d’Or et ainsi initiée une première vague de dépression des sikhs dans l’intention de mater leur mouvement indépendantiste.


  • Un répondant sur les réfugiés sikhs, les commémorations et les célébrations sikhes


Un seul des trois répondants a mis en avant dans son propos les réfugiés sikhs, les commémorations et les célébrations sikhes comme une catégorie les représentant le mieux : « moi je dirais que la célébration du sikhisme et commémoration… ça, c’est très pertinent, Jagmeet Singh avec le NPD, ça aussi c’est très pertinent… hum… aussi les sikhs réfugiés ». Il y a ici à prendre en compte que les répondants étaient soit nés au Québec, soit arrivés dans leur petite enfance et ne vivaient donc pas eux-mêmes la condition de réfugiés reliée aux générations de leurs parents ou grands-parents. Au regard des entretiens effectués en janvier, ceci ne veut nullement signifier que les commémorations et les célébrations ne soient pas fondamentales pour définir le sikhisme aux yeux des sikhs, mais il est compréhensible que ce ne soit pas la représentation prioritaire pour tous les jeunes sikhs québécois.


2.6 Les lois du Québec et les sikhs

La catégorie « Les lois du Québec et les sikhs » a fait couler moins d’encre sur Radio-Canada et CBC News que les quatre catégories précédentes, et ce, malgré le vote de la loi 21 en 2019 interdisant notamment le port de signes religieux ostentatoires à des catégories de personnes en situation d’autorité.


  • La difficulté du turban en tant que signe ostentatoire dans la loi 21


Parmi ces signes ostentatoires figure la visibilité des turbans. Contrairement à la logique qui voudrait que la loi 21 québécoise ait suscité surtout des articles en français s’adressant aux Québécois, il y a eu plus d’articles anglophones que francophones sur ce sujet. À vrai dire, trois articles sont en anglais, mais un a été édité en anglais et en français. Parmi ces trois articles, un s’est intéressé à l’impact de cette loi sur les élections fédérales de la loi 21 (CBC, 17.6.2019) et à la position de Jagmeet Singh. Un autre fait part d’une campagne « Non à la loi 21 » et le dernier, publié sur CBC News Colombie-Britannique, porte sur une enseignante sikhe qui s’est dite obligée de quitter le Québec pour avoir le droit d’enseigner avec son turban en allant en Colombie-Britannique.


  •  L’égalité homme-femme dans le sikhisme


Ce dernier article est le seul des trois qui donne la parole à une sikhe, laquelle affirme que « les sikhs croient que les hommes et les femmes sont égaux [et que c’est] la raison pour laquelle les femmes aussi portent un turban ». Il est à noter que l’insistance sur l’égalitarisme homme-femme dans le sikhisme fait partie d’un leitmotiv sikh canadien. Il témoigne tant de l’intégration de valeurs canadiennes que d’une revitalisation de valeurs égalitaires inscrites dans le livre sacré du sikhisme, marquées par le port du nom Singh pour les hommes12 (annulant tous les autres noms hindous signalant la caste) et du nom Kaur pour les femmes (idem), mais que le contexte sociologique pendjabi ne respecte pas nécessairement selon la spécialiste du sikhisme Julie Vig :


Malgré tous les apparents éléments de renforcement pour les femmes dans les écritures, plusieurs historien·nes, sociologues et anthropologues contemporain·es s’entendent pour reconnaître que les rapports homme-femme sont encore marqués aujourd’hui par une subordination des femmes sikhes par rapport aux hommes (Vig, 2006, 72)


Cette ambivalence entre un discours égalitaire homme-femme et des pratiques inégalitaires n’est d’ailleurs pas le propre de la culture penjâbie ; il suffit de se rappeler le mouvement Me too pour le constater.


  • Le regard d’un répondant sur la loi 21


J’avais à ce propos déjà cité dans la première partie contextuelle et dans la section « Justin Trudeau et les sikhs » un des répondants critiquant implicitement la laïcisation québécoise du gouvernement Legault en s’appuyant sur une expression séculière du sikhisme datant du règne du Maharajah Ranjît Singh, tout au moins en fonction d’une réception contemporaine sikhe occidentale du sécularisme. Sa critique fut d’ailleurs explicite à un autre moment de l’entretien en précisant que l’interdit du port d’un turban en situation d’autorité se fonderait sur les contradictions juridiques entre le droit canadien et le nouveau droit québécois de la loi 21 :


Il vous faut y réfléchir. Le ministre de la Défense du Canada, son origine n’importe pas, n’est-ce pas ? S’il est musulman, sikh, bouddhiste, cela n’importe pas aussi longtemps qu’il remplit sa fonction de défendre le Canada. C’est ce qui compte. Cependant, si le Québec a besoin d’être défendu, à qui vont-ils le demander, au ministre de la Défense, n’est-ce pas ? Mais, actuellement, le ministre de la Défense est un sikh portant un turban, donc dans une position d’autorité. Et le pays qu’il protège est en train de dire : ah non, les personnes en position d’autorité ne peuvent porter un turban. Alors, demandent-ils de ne pas être défendus ? Que veulent-ils ? C’est la question que je leur pose. Comment ne pas réaliser que cela n’importe pas tant que vous mettez vos qualités et votre amour au service de votre pays ? Cela seul compte.13


Je souligne ici, non la rhétorique de la logique juridique invoquée dans cette mise en situation fictive, mais plutôt la force subversive de cet argument entreptique 14 qui retourne le droit contre lui-même, le droit étant une des fondations paradigmatiques des sociétés occidentales (Rappin, 2019, 397-411). Le simple fait de mettre en avant le ministre sikh de la défense actuel pourrait d’ailleurs figurer ou rappeler à lui seul un des fondements du sikhisme actuel, lequel s’est ancré dans une tradition martiale de défense de la liberté de culte depuis l’assassinat de son dernier guru humain. C’est tout au moins la lecture décoloniale que je fais de la confrontation ironique et en partie provocatrice de mon interlocuteur sikh, dont je salue ici l’esprit de répartie.


2.7 La dénonciation du racisme et du sexisme

Il y a dans l’échantillon choisi quatre articles au sujet du racisme et des sikhs et du sexisme et des sikhs, soient trois articles pour le premier sous-thème et un article pour le second.


  •  Dénonciation du racisme


Concernant les trois articles traitant du racisme et des sikhs, ils peuvent se distinguer entre celui rapportant l’affirmation de Gurrutan Singh, député ontarien frère de Jagmeet Singh, selon laquelle « le racisme n’a pas sa place au Canada » (Radio Canada, 2.9.2019), répondant à un islamophobe l’ayant pris pour un musulman, d’une part, et ceux dénonçant des actes de discrimination raciale à l’égard de sikhs, d’autre part.


Il est remarquable que ces trois articles soient en rapport à trois personnalités politiques sikhes, à savoir Gurrutan Singh, Jagmeet Singh et Navdeep Bains (ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique), lesquelles sont en position d’autorité pour dénoncer le racisme, en mettant en jeu des incidents ou des traumatismes qu’ils ont subis en tant que sikhs, ou en tant que « ressemblant à un musulman » dans le cas de Gurrutan Singh. Ainsi, le racisme est médiatiquement clairement énoncé comme inacceptable, mais il demeure troublant que le racisme soit dénoncé spécialement et uniquement lorsqu’il est adressé à des personnalités politiques et non lorsqu’il s’exprime au reste de la population. En tout cas, ces articles n’informent pas davantage sur le sikhisme.


  • Dénonciation du sexisme


Au sujet du sexisme et des sikhs, un article est paru portant sur les femmes sikhes et leur sous-représentation en politique. Une fois encore, il en est dit davantage sur la politique, et en l’occurrence sur les élections municipales d’Edmonton, davantage sur des données sociologiques confirmant le propos de Julie Vig déjà cité sur les inégalités de genre existantes dans les faits dans la communauté sikhe, mais il n’en est pas dit davantage sur le sikhisme, sinon que« Khushwant Singh Hoonjan […] rappelle que selon les écritures sacrées du sikhisme, hommes et femmes sont égaux ».


  • Regard d’un répondant sur le racisme


Un des répondants a particulièrement souligné l’importance du combat contre le racisme qui a eu lieu à l’occasion de la campagne électorale fédérale:


Ce que je trouve pertinent c’est qu’on est en train de batailler contre le racisme… ça, c’est très bien.


Sa parole met en exergue qu’un réel impact positif de ce rejet du racisme semble avoir socialement lieu lorsqu’il est porté par des personnes qui l’ont aussi subi, tel que cela a été le cas pour les frères Gurrutan et Jagmeet Singh selon l’autobiographie de ce dernier (Singh, 2019). De ce point de vue, l’absence d’informations journalistiques comme populaires sur le sikhisme a bénéficié exceptionnellement en cette circonstance à la cause antiraciste grâce à l’attitude de solidarisation de Gurrutan Singh vis-à-vis de la minorité avec laquelle il était confondu, tandis que l’histoire sikhe manifeste davantage d’antagonismes politiques aux musulmans que de rapprochement.



3 Synthèse : pourquoi un « vide abyssal » de connaissance journalistique sur les sikhs ?

Une chronique de Hugo Lavoie sur Radio-Canada consacrée aux sikhs de Montréal s’intitulait : « Vide abyssal sur le sikhisme » (2017). Ce titre, trois ans après, est toujours autant d’actualité. Cette chronique audio de Hugo Lavoie s’accompagnait d’un entrefilet s’intitulant « De fausses croyances sur la religion sikhe déconstruites par de jeunes sikhs », dont la démarche semblait prometteuse, parce que la parole y était donnée à des sikhs pour parler du sikhisme et parce que l’intention affichée était de déconstruire de fausses croyances. La brièveté de cette chronique ne permettait toutefois d’aborder que certains préjugés, tels celui confondant le sikhisme à l’hindouisme ou à l’islam ou celui le réduisant au port du turban.


Le traitement de la représentation des sikhs par Radio-Canada et CBC News depuis cette sonnette d’alarme lancée en 2017 par ce chroniqueur apparaissait ainsi significatif, car la conscience d’un écart entre l’information donnée par des médias antécédents (ou la rumeur populaire) et certains faits avait déjà été soulignée. Ces écarts ne se situent pas qu’au niveau factuel de la connaissance du sikhisme, mais aussi sur le traitement de l’information en relation aux sikhs.


Par exemple, je ne peux cependant ignorer que la totalité des articles de Radio- Canada et CBC News portant sur la relation entre les lois du Québec et les sikhs, se prononcent unanimement — directement ou indirectement — contre la loi 21. Dès lors, il est difficile de ne pas considérer l’instrumentalisation possible de sikhs refusant la loi 21, comme une occasion d’accorder plus de légitimité au pouvoir fédéral multiculturel versus le pouvoir provincial québécois. Si cette hypothèse est juste, il serait intéressant de réfléchir au statut de bouc émissaire (Girard, 1972) de la différence cultuelle que l’on glorifierait et sacrifierait médiatiquement — en prétendant la sauver de l’exclusion des postes d’autorité — tandis que cette différence est fondamentalement ignorée desdits médias dont la fonction serait surtout de rappeler que, de toute façon, c’est la voix dominante de Radio-Canada et CBC News qui aurait raison sur ce chapitre, une voix qui n’est ni sikhe, ni Québécoise, dans la limite de validité de cette analyse, certes tout à fait modeste étant donné l’échantillon retenu. L’évocation journalistique récurrente du turban de Jagmeet Singh sans en donner la signification semble aller dans le même sens et avoir été un moyen de saper la campagne électorale des idées pour jouer sur celle de l’image, souvent, il faut le dire, garante d’une audience et d’un lectorat plus important que les idées.


Le but principal de cet article n’est toutefois pas de démontrer des intentions politiques médiatiques qui sont variables selon les journalistes, mais de souligner les usages qui peuvent être faits des représentations sikhes, avec ou sans leur consentement, sans jamais rien dire du sikhisme ni donner la parole aux sikhs eux-mêmes à ce sujet. En effet, quasiment aucune croyance ou pratique du sikhisme n’a été explicitement mentionnée dans tous ces articles censés référés au sikhisme ou aux sikhs, tout en les associant pour un nombre important d’articles à de l’extrémisme, des conflits sociaux ou juridiques.


Dans le meilleur des cas, notamment dans la perspective de la lutte contre les discriminations raciales, les sikhs représenteraient peut-être médiatiquement « l’autre » ayant suffisamment réussi leur intégration canadienne et leur ascension sociale tout en ayant souffert du racisme, pour être à même de pouvoir défendre d’autres minorités ethniques ou religieuses contre la discrimination, renouant peut-être de cette manière de leur côté avec la tradition justicière que Guru Gobind Singh leur avait transmise.


Toutefois, ce rôle à la fois réel et collectivement imaginaire de la représentation politico-religieuse que les médias font ou ont fait porter aux sikhs ne doit pas faire oublier que ces représentations sont fort éloignées de leur réalité quotidienne, de leur culture et de leur religion, ainsi que de leur histoire lourde de blessures. J’insiste sur ces points, car je pense qu’il est spécialement important de développer au Québec une compréhension mutuelle des cultures sikhes et québécoises, étant donné leur cohabitation de fait au Québec et la blessure historique que ces deux peuples partagent, d’avoir voulu ou de vouloir une forme d’indépendance et d’avoir été réprimés collectivement pour cette raison. Pouvoir parler de ses blessures collectives et reconnaître avec tact les blessures des autres m’apparaît en effet une des conditions plus profondes au bien vivre ensemble qu’une norme juridique ou religieuse.


Pour conclure, j’ajoute que prendre le temps de la rencontre suffit souvent à défaire ce type de représentations médiatiques, tout en espérant que cet article ait contribué à renouveler le regard sur les sikhs et leur culture.


Remerciements:

Mes remerciements à la communauté sikhe du Gurdwara Nânak Dakbar de LaSalle pour son accueil, au professeur Singh Chahal de Laval pour sa relecture de cette seconde partie, au chercheur Michel Boccara de Toulouse pour sa relecture éloignée du sikhisme,du Québec comme du Canada, à la professeure et directrice de la Revue Ouvertures Marie-Ève Garand pour son évaluation et la pertinence de ses remarques critiques et enfin à ma collègue du Collaboratoire Émilie Dazé pour sa minutieuse révision de la forme.


Note de bas de page:

1 Le NPD, Nouveau Parti Démocratique est un des trois grands partis fédéraux canadiens, fondé en 1961, il est de tendance social-démocrate et le plus à gauche des trois. Les deux autres sont le parti libéral dont Justin trudeau est à la tête et le parti conservateur. Jagmeet Singh est devenu leadeur du NPD en 2017 en menant une campagne portant « sur les inégalités, les changements climatiques, la réconciliation et la réforme électorale » selon le site du NPD consulté le 21 aout 2020.

2 Effectué le 20 janvier 2019 dans le Gurdwara Nânak Dakbar de LaSalle, publié en octobre 2019.

3 Concernant la présence locale du sikhisme à Montréal et des articles plus courts, j’invite aussi à lire l’article de Frédéric Castel « Les sikhs au Québec », celui de Claire Launay indiqués à la fin.

4 Trois jeunes hommes sikhs parlant le français et ayant suivi une scolarité québécoise m’ont été introduits par la direction du temple sikh, en fonction des francophones disponibles lors de ma venue (comme cela avait aussi été le cas pour l’entretien des jeunes femmes sikhes du 20 janvier 2019).

5 Choisir d’analyser le traitement de représentations sikhes d’un média exclusivement québécois aurait pu, selon le degré de fausseté des informations trouvées, alimenter le Québec’s bashing anglophone. Dans le même esprit, choisir d’analyser un média exclusivement canadien anglophone sur les représentations sikhes aurait pu alimenter la diatribe québécoise francophone vis-à-vis des Canadiens anglophones. La Société Radio Canada, nommée Canadian Broadcasting Corporation

(CBC) en anglais, est un service de diffusion d’informations d’État au Canada comprenant plusieurs radios et télévisions en français et en anglais, ainsi que des sites internet, sur lesquels j’ai collecté un certain nombre d’articles sur les sikhs. J’ai restreint cet examen à ce média, car il est bilingue et est censé offrir moins de biais informatifs en tant que société d’État indépendante.

6 Bien d’autres articles sont donc parus sur les thématiques mises en avant, mais seuls ceux répondant à ce critère ont été sélectionnés.

7 « La pensée décoloniale critique en conséquence à la fois la modernité et l’eurocentrisme attenant, ainsi que le post-modernisme et le pseudo-universalisme occidental, car elle est à la recherche d’hétérologies11 et de savoirs pluriversels qui rendraient mieux compte de la diversalité du monde (et non plus d’un universalisme abstrait) et des savoirs ». (Mencé-Caster, C., & Bertin-Elisabeth, C., 2018)

8 Cet article commémorait l’interdiction de la Cour d’appel du Québec d’il y a 15 ans, cette interdiction avait été annulée par décision de la Cour Suprême du Canada.

9 Cf. Conclusion.

10 “In the U.S, it is actually right- wing terrorism that kills the most people […]: according to a tally by the New Ame rica Foundation, A New York based non- profit outfit, the number of people killed by homegrown domestic Jihadist and Right Wing attacks since 9/11 are respectively 45 and 48”. Je souligne le caractère home made du terrorisme. (Gabon, 2016, 9–10)

11 « Yes, I do believe that some people bring their religion into perspective when it comes to certain matters and it could become very subjective … than their views on certain things, for example… Trudeau is not a Sikh but you could see hints of favoritism for Sikhs… It’s true, right?? If you look at it, I don’t know why he’s being so friendly with the Sikhs… Because he knows my votes come from there too … right? So that’s favoritism … that can happen with people of a certain ethnicity, if he was Polish, he could have helped all his Polish people … or he could have helped … but he is doing it … but I think it’s still subjective, as a person of a country, he should be helping Sikhs obviously but he should make sure that everybody feels the same way not only a certain group. Right? It’s like for example like coming back to the kingdom of Maharaja Ranjît Singh that only lasted 150 years, but the different and the impact it made in the country in terms of like agriculture development and all was so big. And the reason was that, they took into account all the different ethnicities and made sure that every ethnicity grew at the same time. », Répondant, 8.9.2019, LaSalle.

12 Il est à souligner que nombre d’hindous portent aussi le nom Singh sans être sikhs.

13 “You have to think about it. So the defence minister of Canada, right, it doesn’t matter who he is. If he’s a Muslim, a Sikh, a Buddhist it doesn’t matter as long as he gets the job done to defend the country of Canada, right? That’s what matters to us. However, if Quebec is ever in need of defence, who are they’re going to ask, the defence minister, right? But, right now, the defence minister is a Sikh wearing a turban and in a government position. And that [Quebec’s] country that he’s protecting is saying: oh no people in government can’t have a turban. So are they’re asking for no

defence? What are they asking for? That’s my question to them, right? How do you figure out that it shouldn’t matter as long as you bring skill and the love for your country on the table, that’s all what should matter.”, Répondant, LaSalle, 9.2019

14 Argument qui confond la position antagoniste par les conséquences de sa thèse.

























































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